Concept de la parentalité

Parentalité = famille = fonction d’être parent cela implique des responsabilités juridiques, morales et éducatives

La fonction parentale va permettre l’évolution psychique de l’enfant ; fonction maternelle : associée au portage,nourrissage, soins doit faire de la place au père rôle de PROTECTION fonction paternelle : doit permettre d’aider sa conjointe, de favoriser l’interaction avec le bébé, de lui permettre l’accès au registre du symbolique rôle de SEPARATION

Même si les rôles ne sont pas toujours aussi différenciés, il est important que l’enfant rencontre les deux fonctions.

A la Révolution il y a une rivalité école-famille et une suprématie de l’école pour éduquer les enfants. A la période de l’Industrialisation apparaissent les droits de l’enfant. Vers les années 1840, il existe la possibilité de la déchéance des droits paternels. A partir de 1970, c’est la fin des termes « chef de famille » et « puissance paternelle » et est voté une loi sur l’autorité parentale :
- elle détermine le lieu de résidence de l’enfant et veille à ce qu’il s’y rende
- elle protège l’enfant dans sa vie privée et dans ses relations avec les autres
- elle assure l’éducation
- elle gère les biens du mineur

- 1978 : autorité parentale conjointe
- 1989 : on parle désormais de responsabilité parentale
- 1990 : de nombreux modèles familiaux sont reconnus (famille mono-parentale, recomposée…)

- B/Qu’est-ce que c’est « être parent » ?

Cela sous-entend 3 fonctions :
- fonction de responsabilité
- fonction affective
- fonction de transmission (histoire de sa famille, de sa culture, de ses valeurs)

Un « parent suffisamment bon » apprend tout au long de son rôle de parent, tient compte de ses erreurs. On ne nait pas parent, on le devient. Il s’opère un réajustement entre l’enfant rêvé et l’enfant réel et entre le parent qu’on a rêvé être et celui qu’on est. On grandit avec son enfant ; il y a un processus de maturation psychique. Il y a plusieurs façons d’être parent selon le rang de ses enfants. La relation n’est pas symétrique : le parent donne sans attendre en retour.

- C/Qu’est-ce que ça fait vivre au parent de rencontrer un professionnel ?

Cela peut être vécu comme une intrusion dans la vie familiale ; les parents peuvent ressentir un sentiment d’impuissance et avoir l’impression que l’on remet en cause le fait qu’ils sont de bons parents.

Il faut créer un climat de confiance en essayant de valoriser les rituels des familles.

Un parent ne peut pas reconnaître que son enfant souffre si lui-même souffre ; il faut d’abord reconnaître les difficultés des parents. Au point écoute familles, on part du vécu des parents pour essayer de faire évoluer les choses ; on n’impose pas un modèle qui serait voué à l’échec. Il faut pouvoir dire ce qui n’est pas acceptable et donner des repères.

L’aide ne passe pas uniquement par la parole mais aussi par une aide financière, éducative, d’organisation le cas échéant. Il est important de travailler en réseau, de s’autoriser à ne pas tout faire mais le discours doit être légitimé par la profession.

- D/ Vision des parents sur l’école

Le caractère obligatoire de l’école limite le pouvoir des parents sur l’enfant. Le parent peut ressentir une exclusion qui est faite en premier lieu par l’enfant lui-même. Le parent change de statut : il devient parent d’élève, ce qui lui demande de faire confiance à l’école. Pour lui il est difficile de ne pas penser « comment continuer à protéger mon enfant alors qu’il n’est plus sous mon regard ? »

L’enseignant offre de nouveaux supports d’identification. Il y a des enjeux narcissiques dans l’acquisition d’un savoir par un enfant qui l’enferment parfois et l’empêchent d ’avancer (ex : difficultés à vouloir apprendre à lire pour les enfants du voyage lorsque les parents ne savent pas lire) ; peur possible lorsque l’enfant va dépasser le parent dans une compétence.

L’école est en première ligne lorsque l’enfant ne trouve pas d’emploi ou de formation et peut devenir le représentant de ce que la société ne peut pas offrir.

Il y a une forte attente du parent pour que l’enfant soit traité de façon individuelle à l’école ; or ce n’est pas possible au sein du groupe-classe ce qui entrainent parfois des rapports complexes.

Les parents sont parfois dans l’attente que l’école doit tout apporter sans pour autant faire intrusion dans la vie familiale.

- E/Particularité d’être parent en situation précaire

L’absence d’une ou plusieurs sécurités empêchent des parents d’assumer leurs responsabilités et de jouir de leurs droits fondamentaux. La mauvaise estime de soi amène la souffrance et des difficultés à dire qui on est et ce qu’on ressent.

Les parents en situation précaire ne sont pas moins compétents mais manquent de moyens et sont alors souvent jugés démissionnaires. Mais la disqualification sociale n’est pas synonyme de disqualification parentale.

Caractéristiques de ces parents :
- pas de demande spontanée pour demander de l’aide
- mode de défense pour garder vivant le sentiment narcissique :

  • fuite de la réalité
  • résignation
  • répétition d’échecs
  • dénégation des difficultés, ce sont des symptômes de la désinsertion et non pas les causes

Cette volonté de protéger les enfants de la réalité entraine souvent l’achat de cadeaux de valeur et habits de marque, ainsi qu’un déni quant à la provenance de certains objets.

Parfois l’enfant devient le confident du parent et prend une place égalitaire.

On retrouve souvent les difficultés psychologiques suivantes : sentiment d’abandon, conduite auto-destructive, angoisse parentale par rapport à l’avenir, pathologie dépressive.

Les familles monoparentales ne se sentent pas reconnues ce qui entraine un repli sur soi-même et une séparation plus douloureuse à l’adolescence particulièrement.

CONCLUSION

Quand il y a un trop grand décalage entre ce qui est vécu à l’école et ce qui est vécu à la maison, l’enfant est solidaire de la famille, ce qui engendre de grandes difficultés.

Il faut dire les choses, en choisissant ses mots et expliquer pourquoi on pense qu’il serait intéressant d’aller voir une tierce personne lorsque les problèmes ne peuvent pas tous être résolus à l’école.

Il faut laisser le parent dire ce qu’il a à dire et parfois il vaut mieux différer ce que l’on a à lui dire pour ne pas dire les choses dans l’urgence, trop brutalement. Sur le vif, face au parent, on ne réagit pas de la même façon que lorsqu’on prend du recul.